Mon Aix

J’descendais le cours Mirabeau

En chantant comme un oiseau

Quand je vis sur le pavé

Un mendiant d’une grande beauté

Cheveux longs et barbe blonde

Qui flottaient sur la Rotonde

“ A ce soir, à la fontaine

Quand la lune sera pleine.”

 

Il se leva, prit la fuite

Des fontaines, y’en a vingt huit

Et je parcourais la ville,

Eclairée d’un candélabre,

L’âme délabrée, en palabre

Et ma voix et tous ses échos,

Cherchaient Jesus marchant sur l’eau.

 

J’ai pleuré toute ma jouvence

Aux fontaines d’Aix-en-Provence

Sans jamais voir l’heure

De place D’Albertas

En place des Cardeurs.

 

Le matin vers les sept heures

Il dormait cloître Sant-Sauveur

On alla aux “ Deux Garçons ”

Manger navettes et calissons

Devant le bon Roy René

Qui, d’en haut, nous protégeait

Mon souvenir s’est noyé

David partit en été.

Et je parcourais la ville

Son fantôme sous mes cils

Beau clochard, ange rêveur

Eclairée d’un candélabre

L’âme délabrée, en palabre

Et ma voix et tous ses échos

Cherchaient Jesus marchant sur l’eau

 

J’ai pleuré toute ma jouvence

Aux fontaines d’Aix-en-Provence

Sans jamais voir l’heure,

De place d’Albertas

En place des Cardeurs.

© 2007