Angélique

 

Mon père, c’est Angélique la pâtissière

Je viens me confesser, écoutez, écoutez…

Dès que ma patronne a les fesses tournées

Je deviens la petite souris de la boulangerie,

Je plonge mes mimines dans les boîtes à bonbons

Je chope des roudoudous au miel et au citron.

 

Un sucé, un mordu, un léché et un avalé !

 

Sur ma langue je dépose un Jesus saccharose

C’est la félicité, l’ascension assurée

Je vois Saint-Honoré dans sa culotte courte

Péchant de gourmandise

Les lèvres pleines de yaourt.

 

Un sucé, un mordu, un léché et un avalé !

 

J’adore les religieuses, l’augustine au café

Il faut qu’elle soit crémeuse pour bien me contenter

J’ai mis mon petit doigt, j’ai pas vu la patronne

Vous me croyez ou pas, j’ai fait des pets-de-nonne !

 

Un sucé, un mordu, un léché et un avalé !

 

Mais le grand moment d ‘extase

Quand je cherche les pains tout chauds dans le fournil

Avant que le feu ne les embrase, mon père

J’embrasse ficelles, fougasses,bâtards ainsi soit-il

Je fais des trous dans la mie, je leur ronge le quignon

Les attouchements ma mie deviennent des palpations

Et les pâtes brisées se remettent à marcher

Le pain perdu retrouve son chemin égaré

Je frétille des deux miches.

 

Un sucré, un goulu, un maché et un recraché !

 

Dans ce confessionnal, ça sent le bois tout chaud

Y aurait t’il un mal à tirer le rideau

Oh mais votre soutane a des boutons pressions

« Mon père, j’ai une question

Je peux vous baiser l’bonbon ? »

© 2007